Braquage du convoi de banque TMB près de Lemera ce dimanche 27/09/2015

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cialis helvetica, health sans-serif; font-size: 12pt; color: #993300;">13 personnes tuées et l’argent destiné à payer des enseignants emporté par des hommes armés

 

Une fourgonnette de la Banque Trust Merchant Bank (TMB) transportant une importante somme d’argent destiné à la paie des salaires du mois de septembre 2015 des enseignants du centre de paie de Lemera en territoire d’Uvira dans la province du Sud-Kivu a été braquée ce dimanche 27 septembre 2015 aux environs de 11h00 par des hommes armés. La jeep militaire qui escortait cet argent a été mitraillée d’une roquette et plusieurs balles et tous les militaires à bord ont été abattus sur-le-champ. Le bilan fait état de 13 personnes tuées dont 11militaires et 2 civils, 5 autres blessées et plus ou moins 36 millions de Francs congolais emportés par les assaillants. Les corps des victimes ont été acheminés à l’Hôpital général de référence de Lemera.

 

Selon des sources concordantes contactées à Lemera et à Rubanga, cette embuscade tendue au niveau du pont de la Rivière Leza, non loin du marché de Rubanga et au pied des escarpements de Nyakandongo dans le groupement de Lemera, chefferie des Bafuliru est l’œuvre des miliciens Maï-maï du groupe armé Simuzizi très actifs dans la région.

 

Il est à noter que lors de la paie à chaque fin du mois, le convoi de cette banque composée des agents commis à la paie des enseignants part le dimanche matin de la ville d’Uvira et fait escale à Kiliba, Sange et Luvungi pour y déposer les agents payeurs avant de terminer son périple à Lemera et faire le chemin retour dans l’après-midi. Le Centre de Lemera étant le dernier centre à payer.

 

Selon des sources locales, lorsque le convoi est arrivé à l’endroit sus-indiqué, les assaillants ont jeté une grenade sur les deux véhicules. Lors de l’explosion de cette grenade, les chauffeurs ont été déséquilibrés et leurs véhicules se sont renversés. A l’instant même, les assaillants se sont mis à tirer sur tous les passagers à l’aide de leurs lance-roquettes. Ainsi, il y a eu 13 morts sur-le-champ. Ils se sont également emparés de quelques armes AK-47 et des munitions qui étaient détenues par les militaires qui assuraient la sécurité du convoi. Puis, ils se sont enfuis dans la brousse environnante.

 

Alertés, d’autres éléments des FARDC ont accouru sur les lieux et se sont lancés aux trousses de ces Maï-Maï Simuzizi mais jusqu’à présent leurs efforts demeurent vains. Une fois les corps des victimes acheminés à l’hôpital général de référence de Lemera, le Révérend Lubunga Masembe, président du Comité de Médiation et de Défense des droits humains de Lemera, une struture-relai de Héritiers de la Justice, qui s’était approché des corps des victimes alors qu’il possédait en main une Bible et un appareil photo numérique a été arrêté par les FARDC. Son appareil photo numérique ainsi que son téléphone cellulaire lui ont été ravis et lui-même gardé au cachot militaire. Relâché lundi matin sans heureusement avoir été maltraité, il ne récupérera ses effets que le mardi à la suite des interventions des autorités provinciales saisies. Seulement, son appareil photo a été formaté et la carts sim de son téléphone perdue.

 

Cet événement n’est pas le premier du genre. Il n’y a pas longtemps un véhicule transportant le salaire des agents du Centre de Recherche en Sciences Naturelles de Lwiro dans le groupement d’Irhambi-Katana, territoire de Kabare, a été lui aussi braqué par d’autres coupeurs de route alors qu’il se rendait à Lwiro pour payer les agents précités. Il était déjà non loin du CRSN lorsque cet incident s’est produit. Tout l’argent a été emporté. Certaines personnes jugées suspectées ont été mises aux arrêts. Une modique somme d’argent a été retrouvée entre les mains des présumés auteurs du coup sur un montant total de plus de 100.000 $US.

 

Ces exactions constituent des violations flagrantes des droits humains car elles se soldent par des morts d’hommes, des cas d’atteintes à l’intégrité physique et des atteintes au droit de propriété. Ces actes sont condamnables par la loi congolaise et d’autres textes juridiques internationaux.

 

C’est pourquoi, l’asbl Héritiers de la Justice en appelle aux autorités impliquées dans l’expédition de l’argent destiné à la paie du salaire des fonctionnaires pour qu’elles changent leur stratégie d’action. Que ce genre d’opérations soit entouré de toute la direction voulue. C’est seulement une fois l’argent arrivé dans le centre bénéficiaire que les responsables du centre peuvent en informer les agents à payer.

 

En attendant, Héritiers de la Justice demande aux autorités tant administratives que militaires de tout mettre en œuvre pour que les éléments du groupe Simuzizi, présumés auteur de ce carnage, soient mis aux arrêts et que leur mouvement soit mis définitivement hors d’état de nuire ainsi que d’autres groupes armés encore actifs dans le territoire d’Uvira et ailleurs.

 

Bukavu, le 29/09/2015

 

Héritiers de Justice

Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.