Lors que les forces de l’ordre extorquent et tuent à leur aise

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sickness helvetica, cialis sans-serif; font-size: 12pt; color: #993300;">Les victimes assiègent les bureaux de l’Etat en réaction à l’assassinat de Mr Trésor Walumona Basilwango par les policiers à Kamituga

Dans la nuit du 1er au 2 Octobre 2015, aux environs de 00 heures, Mr Walumona Basilwango Trésor, âgé de 33 ans, marié et père de 2 enfants a été tué par balle par les éléments de la Police Nationale Congolaise pendant qu’il revenait de l’Hôpital général de Kamituga, territoire de Mwenga en province du Sud-Kivu.

Selon nos sources, un groupe d’hommes qui venait d’un débit des boissons « Nganda » où ils prenaient un verre est tombé entre les mains des policiers patrouilleurs dans le centre de Kamituga. Ces policiers leur ont demandé de leur donner tous ceux qu’ils possédaient sur eux argent, téléphones et autres biens. Les autres ont été dépouillés de tous ceux qu’ils avaient. L’infortuné a résolu lui, de donner son téléphone portable en lieu et place de l’argent pour qu’il soit permis de partir. Inquiétés par cette façon d’agir des agents de l’ordre, les victimes ont été étonnées de voir ceux qui sont sensés les protéger sont eux qui insécurisent les populations.

Les policiers ont appelé Mr Walumona Basilwango à coté pour qu’il donne le téléphone qu’il a proposé sous escorte du Policier Mulonda Kikuka. Celui-ci l’a ramené directement dans le chemin qui mène vers le cachot situé au bureau de la Police où il lui a logé des balles dans la tête. Dans cette même nuit la victime à été acheminée à l’Hôpital Général de Référence de Kamituga et n’avait aucun espoir de rattraper sa vie, il y a succombé de ses blessures.

Les informations recueillies sur le lieu du drame démontrent qu’au matin de ce vendredi 02 Octobre 2015, le sang se trouvait encore à la porte d’entrée du cachot attaché au bureau de la PNC Kamituga situé au « Camp Six ». Ce qui a soulevé l’émotion et la colère des habitants. Ceux-ci ont résolu d’assiéger le bureau de la Police et celui de l’Administrateur de Territoire de Mwenga.

Selon les mêmes sources, les autorités politico-administratives de Kamituga ont convoqué d’urgence une réunion de sécurité dans laquelle la Société civile a maintenu la position de ne pas enterrer la dépouille mortelle de Mr Walumona Basilwango jusqu’à ce que les policiers assassins soient arrêtés et jugés en procédure de flagrance par une chambre foraine..

D’aucuns se demandent si les agents de l’ordre qui sont sensé assurer la sécurité et la protection des personnes et des leurs biens se mettent dans le tiroir des assaillants, sur quel pied dansera la population.

Cette situation préoccupe l’asbl Héritiers de la justice qui rappelle la mission principale de la police nationale congolaise tel que stipulée par l’article 182 de la Constitution de la RDC : « La Police nationale est chargée de la sécurité publique, de la sécurité des personnes et de leurs biens, du maintien et du rétablissement de l'ordre public ainsi que de la protection rapprochée des hautes autorités ».

Cet acte constitue une violation des droits humains et interpelle les autorités au respect des droits humains et la protection du droit à la vie conformément à l’article 3 de la DUDH qui stipule que  « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». Et l’article 16 al. 1 et 2 qui, aussi renchérit : « La personne humaine est sacrée. L'Etat a l'obligation de la respecter et de la protéger.
Toute personne a droit à la vie, à l'intégrité physique ainsi qu'au libre développement de sa
personnalité dans le respect de la loi, de l'ordre public, du droit d'autrui et des bonnes mœurs
».

Selon des sources concordantes sur le lieu, le présumé auteur serait déjà arrêté par les autorités policières de Kamituga. L’asbl Héritiers de la Justice exige qu’un procès soit organisé dans un bref délai à Kamituga afin de desceller la culpabilité des présumés auteurs et les voir condamner conformément à la loi et que l’Etat congolais, employeur du policier assassin qui a tué à l’aide de l’arme lui confiée par l’Etat, tire les conséquences des agissements récurrents répréhensibles des agents commis à la sécurité des personnes et de leurs biens.

Fait à Bukavu, le 02 Octobre 2015

Héritiers de la Justice

 

 

 

 

Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.