Mr Emery Chibashimba Zahinda agressé par des hommes armés

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Quelle thérapie pour faire efficacement face à l’insécurité quotidienne au Sud-Kivu

 

Dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 novembre 2015, vers 20h30, monsieur Emery Chibashimba Zahinda, 51 ans, enseignant à l’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM) et résidant sur avenue du Plateau, quartier Nyalukemba dans la cellule Nguba, commune d’Ibanda à Bukavu, a été agressé devant son enclos par plusieurs hommes armés et en tenue civile. Ses bourreaux lui ont ravi sa mallette contenant plusieurs effets et divers documents.

 

En effet, la victime revenait de ses courses de la journée et rentrait tranquillement chez elle lorsque subitement elle a été saluée par un inconnu. Juste en voulant relever le visage pour voir son interlocuteur, 3 hommes l’ont pris par le cou. Les bourreaux lui ont tordu le cou pour l’étrangler, puis l’ont projeté par terre et la victime a perdu connaissance. Croyant que monsieur Emery est mort, ses bourreaux lui ont arraché sa mallette et ont pris fuite.

 

Pendant que monsieur Emery s’approchait de chez lui, il avait été aperçu par son fils aîné Alpha Ami Zahinda, qui prenait de l’air devant la porte de la maison familiale. Comme son père s’approchait, monsieur Alpha s’est avancé pour ouvrir le portail. Mais au vu de ce qui était en train d’arriver à son papa, il a alors, par des cris d’appel au secours, alerté les voisins et les autres membres de sa famille pour lui porter assistance. Juste le temps que d’autres personnes accourent sur le lieu, les bandits se sont enfuis et les efforts faits pour rattraper ces derniers se sont avérés vains, surtout qu’il fallait d’abord secourir l’agressé. En plus, à leur retour, les gens qui poursuivaient les bandits ont déclaré que ces derniers disaient dans leur fuite qu’ils allaient tirer sur toute personne qui oserait les appréhender.

 

Lorsqu’il a retrouvé connaissance, Emery s’est rendu compte que sa mallette a été emportée. Selon ses déclarations, celle-ci contenait son ordinateur portable de marque ACER, des documents scolaires de ses enfants, son attestation de nationalité, des documents de service, un extrait du jugement supplétif de naissance d’un de ses enfants, des livres, un agenda, la clé de contact de son véhicule et celles de sa maison, des photos, … La plupart de ces documents se trouvaient dans cette mallette du fait que la victime était allée les scanner pour assurer leur meilleure conservation.

 

Plusieurs attaques similaires ont été perpétrées dans la ville de Bukavu et ses environs presque durant la même période.

 

La famille de monsieur Nzenze Muhindo, président de COPEFIMA (Coopérative des Pêcheurs utilisant les Filets Maillants) résidant sur avenue Makoma dans la commune de Bagira à Bukavu, le long de la route qui mène vers Kavumu, a été attaquée à son domicile dans la nuit du lundi 23 au mardi 24/11/2015 vers 1h00 du matin par un groupe d’hommes armés non autrement identifiés. N’ayant pas trouvé le chef de famille qu’ils venaient chercher, ils se sont rabattus sur quelques biens domestiques qu’ils ont emportés.

 

Deux jours avant, soit dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23/11/2015, plusieurs autres familles habitant à Muhungu Ruzizi ont été attaquées par d’autres hommes armés. Là aussi, les familles victimes ont été dépouillées de plusieurs biens avant d’être passés à tabac. Parmi elles, on peut citer : la famille Gilbert Buhendwa à laquelle les assaillants ont ravi 300 $US, 3 téléphones portables et des vêtements, la famille Mwendambali Bashimbe a été dépouillée d’une somme de 70 $US et 2 téléphones portables. Certains membres de sa famille ont même été torturés.

 

Mme Suzanne Mwa Musegura, une vieille femme âgée de 80 ans doublée de veuve, vivant à Kabushungu, village Bushushu dans le groupement Mbinga-Sud, chefferie Buhavu en territoire de Kalehe a été trouvée morte dans un champ à 25 m de son domicile le dimanche 23/11/2015, vers 14h00, par des passants. Elle aurait été tuée par étranglement au moyen d’une corde communément appelée « Kabanga » par des bandits non autrement identifiés la veille pendant la nuit quand elle rentrait chez elle. Des traces d’étranglement étaient visibles sur son corps.

 

Le 22/11/2015, dans le pillage perpétré au village Lukwinji, groupement Mulamba, chefferie Ngweshe dans le territoire de Walungu, 5 personnes ont été enlevées par des éléments du groupe armé dénommé Raïa Mutomboki de la branche Ndarumanga. Les victimes ont été emmenées dans une forêt.

 

Le 23/11/2015, vers 5h00 du matin, monsieur Jeannot Munege, âgé de 40 ans, qui se rendait aux champs a été abattu par balles à Kajembwe dans la cité de Sange, chefferie Plaine de la Ruzizi dans le territoire d’Uvira par des hommes armés. Ces derniers ont également tué ses 2 bœufs de traction. Ce fils de Daudi et Helena laisse une veuve et 11 enfants.

 

Ce sont là les quelques cas d’insécurité sévissant dans la ville de Bukavu et ses environs ces derniers temps. Curieusement, bon nombre des cas décriés sont commis non loin des positions de la police ou des forces armées ou des camps militaires. Des policiers commis à la protection de la population sont disséminés dans plusieurs milieux résidentiels comme à Muhungu où il y a un poste de la police de proximité à Mukukwe, un autre à la place communément appelé « Chez Bilala », un autre au quartier Latin et, enfin, à Muhungu La Voix du Congo. Mais, plus ils y sont déployés, plus les cas d’insécurité se multiplient, au point que les observateurs se demandent si ce ne sont pas ces mêmes personnes censées protéger la population qui sont à la base de la perturbation de la paix et d’autres atteintes aux droits humains.

 

L’asbl Héritiers de la Justice condamne toutes ces violations des droits humains qui sont alimentées par le laxisme du pouvoir.

 

L’Association exige que les autorités tant militaires, policières qu’administratives se rencontrent afin de rechercher les causes profondes de cette insécurité afin d’appliquer à celle-ci la thérapeutique adaptée. Celle-ci passerait, le cas échéant, par des bouclages de quartiers, le relèvement périodiques des militaires et des policiers, l’interpellation et la poursuite des commandants des postes de police et des FARDC œuvrant dans les avenues ou localités où sont perpétrées les attaques et les incursions nocturnes dans les domiciles, le paiement d’un salaire décent aux chefs d’avenues et « nyumba kumi », etc.

 

Bukavu, le 24/11/2015

 

Héritiers de la Justice

Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.