Récurrence des braquages diurnes contre des institutions sociales et financières dans la province du Sud-Kivu

PDFImprimerEnvoyer

prostate helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #993300;">Le ministère chargé de la sécurité garde le silence

 

Le lundi 11 janvier 2016, vers 12h00, le Centre hospitalier de Kasenga appartenant à la 8è Communauté des Eglises de Pentecôte en Afrique Centrale (CEPAC) et fonctionnant dans la concession de son Eglise locale basée au quartier Kasenga à Uvira dans le territoire du même nom, a fait l’objet d’un braquage de la part de 3 hommes armés en tenue civile qui ont fait irruption dans cette institution médicale. Le bilan de cette attaque fait état d’un mort, un blessé et une extorsion d’argent et d’un ordinateur.

En effet, lorsque ces hommes armés sont entrés dans ce centre hospitalier, ils se sont directement dirigés au bureau du service financier. Là, ils s’en sont pris à monsieur Katirwa Nizo, comptable dudit centre hospitalier. Ils lui ont exigé de l’argent. Ayant refusé d’exaucer leur demande, ils lui ont logé une balle dans les jambes. Puis, ils se sont rués sur la caisse d’où ils ont retiré une somme d’argent estimée à 700 $US qu’ils ont emportée ainsi qu’un ordinateur.

 

Une fois dehors, leurs yeux ont croisé ceux d’un quidam qui se trouvait près du centre hospitalier en question. Les ayant aperçus, ce jeune homme a crié « au voleur ! », ce qui lui a valu, lui aussi, le tir d’une balle dans les cuisses. Et selon nos sources, il en serait mort par la suite. Après cela, les présumés bandits ont pris le large sans la moindre inquiétude ou la moindre poursuite.

 

De plus en plus, des cas de braquage perpétrés en pleine journée sont enregistrés dans la province du Sud-Kivu.

L’opinion se souvient de l’attaque qui a été faite en date du 26 juin 2010 à la Banque Internationale pour l’Afrique Centrale (BIAC) vers 15h00 par des hommes en tenue militaire et armés. Ils avaient réussi à pénétrer dans l’enceinte de ladite banque et en avaient emporté une grosse somme d’argent après avoir abattu par balle un des policiers commis à la garde de cette institution financière. Puis, ils se sont volatilisés dans la nature. Par la suite, certaines sources ont prétendu que ces bandits se seraient retirés dans la province voisine du Nord-Kivu.

 

Un cas similaire a eu lieu à la résidence de monsieur Schneider, un expatrié de nationalité allemande qui travaillait alors pour le compte de la Pharmakina à Bukavu. Des hommes armés sont entrés chez lui à Muhumba après avoir débarqué du lac Kivu vers 12h00, précisément à l’heure où la victime était au repos de midi. Ils lui ont extorqué une importante somme d’argent avant de se sauver par la même voie lacustre.

 

Il en est de même pour la Coopérative d’Epargne et de Crédit Nyawera, succursale de Muhungu la Voix à Bukavu. Ce braquage a eu lieu le 07/12/2012 vers 12h00. 7 personnes armées de révolver s’étaient introduites dans l’enceinte de cette institution de micro-finance sous une pluie fine. Elles ont entouré les policiers commis à la garde et les ont poussés à l’intérieur du bâtiment. 2 bandits sont restés en faction à l’extérieur, 2 autres sont allés à la caisse et 3 autres ont neutralisé les membres de ladite coopérative qui se trouvaient dans la salle d’attente. Ces membres faisaient la queue afin d’effectuer des opérations financières. A l’issue de leur opération qui n’avait duré que 5 minutes, les présumés bandits ont emporté une somme de 12.496 $US, un montant en francs congolais évalué à 1.235.000, soit l’équivalent de 1.342,39 $US. Après une fouille des poches des membres qui étaient dans la salle d’attente, ils ont également extorqué à ces derniers un autre montant : à l’un 500 $US, à un autre 3.000 $US.

 

Selon nos sources, pendant l’opération, un agent de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) accompagné d’un policier armé sont entrés dans la salle d’attente. Certains membres sont parvenus à leur révéler qu’ils étaient assiégés par un groupe de bandits. Ils se sont directement retirés en promettant d’aller chercher du renfort mais ils ne sont plus rentrés. Après cela, le responsable de cette institution a fait appel aux policiers pour le secours. Lorsque le renfort est arrivé sur les lieux, les cambrioleurs étaient déjà partis !

 

Tout récemment, c’était le tour de l’hôpital général de référence de la Fondation Médicale de l’Université de Louvain en Afrique Centrale (FOMULAC). En effet, durant la journée du lundi 24/08/2015, vers 14h30, l’hôpital général de référence de la Fondation Médicale de l’Université de Louvain en Afrique Centrale (FOMULAC) sis à Katana dans le groupement d’Irhambi-Katana, territoire de Kabare dans la province du Sud-Kivu a été victime d’un cambriolage de la part de 4 hommes armés de fusils et en tenue civile. Après s’être engouffrés dans le bureau de la caissière et le secrétariat, ils ont emporté les biens suivants :

-          De la caisse : 3.358 dollars américains et 2.327.900 FC (environ de 2.530$US). Ils ont également pris 2 téléphones portables, une somme de 20 $US et 2000 FC appartenant à la caissière ;

-          Du secrétariat : un ordinateur portable, 1 appareil photo numérique, 5 téléphones portables, 2 Motorola pour la garde de l’hôpital, un sac-à-dos, une somme de 32.900 FC et 20 $US.

Après leur opération, ils se sont retirés en empruntant la voie lacustre.

 

Donc, ce n’est plus seulement la nuit que les attaques à main armée peuvent se faire. Cela montre à suffisance l’ampleur de la dégradation de la situation sécuritaire au Sud-Kivu malgré l’existence d’un ministère provincial et la présence d’un nombre relativement important d’agents chargés de la sécurité des personnes et de leurs biens. Et ce qui inquiète en plus, c’est que tous ces cas de cambriolages ne font quasiment pas l’objet d’attaques dignes de ce nom. Les auteurs, chaque fois non identifiés, excellent toujours dans leur entreprise à cause de la persistance de la culture de l’impunité et de la carence de professionnalisme de la part des agents commis aux investigations criminelles. Combien de fois la population n’a pas été surprise lorsque des bandits de grands chemins qu’elle a attrapés la main dans le sac de crime lui reviennent libres quelques jours seulement après avoir été remis dans les mains de la police et/ou de la justice ?

 

Tout en condamnant ces braquages, l’asbl Héritiers de la Justice en appelle à la responsabilité des autorités provinciales du Sud-Kivu qui ont en charge la sécurité des personnes et de leurs biens pour qu’elles remplissent leur mission comme il se doit. C’est seulement à cette condition que les violations des droits humains ci-haut décriées pourront être jugulées. Les Députés provinciaux ont déjà eu à interpeller le Gouverneur de province ainsi que le Ministre en charge de la justice mais les résultats escomptés trainent le pied jusqu’à ce jour.

 

L’Association craint la résurgence ou l’amplification, dans un proche avenir, des cas de justice populaire au cas où les autorités ne s’investissent pas vite pour mettre un terme à cette insécurité qui cible, non seulement les domiciles privés, mais aussi les rares institutions sociales et financières qui soulagent, tant soit peu, les souffrances de ces populations aux prises pendant plus de deux décennies avec la guerre et le déficit de gouvernance en RD Congo.

 

Bukavu, le 12 janvier 2016

Héritiers de la justice

Afrique

Afrique – France 24 - L’Actualité Internationale 24h/24
Actualité, news en AFRIQUE, toutes les actualités africaines en direct, Maghreb, Sahel, AFRIQUE centrale, AFRIQUE de l'ouest,débats, reportages
Afrique – France 24 - L’Actualité Internationale 24h/24
  • Grace Mubage, la trop ambitieuse Première dame du Zimbabwe
    Sa soif de pouvoir a très certainement accéléré la chute de son mari, le président zimbabwéen Robert Mugabe. Portrait de Grace Mugabe, une Première dame sulfureuse et colérique, honnie dans un pays qu’elle rêvait pourtant de diriger.
  • Zimbabwe : Robert Mugabe lâché par son parti
    Au menu ce soir : Au Zimbabwe, la menace d'une destitution se précise pour Robert Mugabe. Une motion devrait être déposée mardi. Après la diffusion de ces images effroyables d'un marché aux esclaves en Libye, le Burkina Faso et le Mali ont rappelé leur ambassadeur en Libye. Enfin, la Tunisie a enterré son plus plus célèbre couturier. Azzedine Alaïa a été inhumé lundi au cimétière de Sidi Bou Saïd.

Nouvelles

Mort d’homme et incendie des maisons et motos à Nyamutiri dans le territoire d’Uvira 30.11.99 - Durant la journée du mardi 07 mars 2017, à partir de 14h00, l’on a enregistré 1 mort, 3 maiso...
Journée Internationale de la Femme (JIF) 2017 30.11.99 - Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50 d’ici 2030 Le...
Les étudiants de l’ISP Bukavu protestent pacifiquement contre la majoration des frais académiques décidée par le Comité de gestion Les étudiants de l’ISP Bukavu protestent pacifiquement contre la majoration des frais académiques décidée par le Comité de gestion 30.11.99 - Dans la matinée de ce vendredi 2 décembre 2016, les étudiants de l’Institut Supérieur Pédag...
La responsable de l’Hôtel Witness séquestré par les agents du parquet général de Bukavu de 05h50 à 12h30 à son domicile 06.12.16 - Ce mardi 15 novembre 2016, Madame Elysée Mudimbi Owanga, responsable de l’Hôtel Witness, a ét...
L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu 30.11.99 - L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu Des morts et des blessés par des coupeurs de route ...

Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.