Campagne «Rien sans la femme » et « Parité 50-50 d’ici 2030 »

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  pharmacy helvetica, help sans-serif; font-size: 12pt;">Message de Héritiers de la Justice à l’occasion dela Journée Internationale de la femme (JIF) 2016

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Le 08 mars de chaque année, le monde entier célèbre la Journée Internationale de la Femme (JIF). Cette journée constitue une occasion pour la femme du monde entier en général et celle de la RD Congo en particulier de mener des actions de plaidoyer pour l’amélioration de ses conditions de vie par le respect de ses droits tels que stipulés dans différents instruments juridiques internationaux et nationaux.

 

La commémoration de cette journée est mise à profit par les femmes pour réfléchir ensemble avec leurs partenaires hommes sur les différentes péripéties de la vie que la femme a connues depuis des années, lesquelles n’ont pas permis à la femme de faire un grand bond de développement aux niveaux social, économique, civique et politique à l’instar de l’homme.

 

La JIF est également une occasion pour les femmes de manifester et d’exprimer devant les décideurs, qui ont le devoir d’appliquer et de faire appliquer les lois nationales et autres traités internationaux régulièrement ratifiés, leurs appréhensions vis-à-vis des inégalités de droits, de chance et de sexe persistant entre l’homme et la femme et qui font perdre à ce pays l’utile contribution des femmes à la réalisation des Objectifs pour un Développement Durable.

 

Cette année 2016, la journée du 8 mars est, au niveau international, célébrée sous le thème « Planète 50 – 50 d’ici 2030 : Franchissons le pas pour l’égalité des sexes ». En RD Congo, le thème retenu est : « Appliquons la parité homme-femme maintenant dans la paix pour le développement durable d’ici l’année 2030 ».

 

La parité homme-femme doit être entendue comme l’égalité des droits, d’opportunités et des chances entre l’homme et la femme dans les domaines du travail et de la gestion du pays conformément à la Résolution 1325 des Nations Unies ainsi qu’aux prescrits de l’article 14 de la constitution de la RD Congo. Pour y parvenir, une dose de préférence corrective en faveur de la femme est de mise au regard du retard immense que celle-ci accuse par rapport à l’homme.

 

Cependant, un problème se pose dans l’application effective du contenu de tous les instruments juridiques internationaux protégeant la femme alors que celle-ci continue à subir les violations de ses droits.

 

Comment accéder à la parité numérique de 50%-50% au moment où le vécu quotidien de la femme et de la jeune fille ne favorise pas leur accès aux différents postes de prise de décision. Cela procède du fait que la scolarité totale de la jeune fille est difficile à la suite de la pauvreté qui gagne du terrain dans de nombreuses familles. Bien des jeunes filles inscrites à l’école ne parviennent pas à terminer leurs études. Quand bien même elles pourraient terminer lesdites études, elles ont du mal à trouver de l’emploi. Elles sont soumises à des conditions très difficiles pour qu’elles soient acceptées dans le milieu professionnel. En plus, au regard des persistants risques de violences sexuelles encourues par les femmes des milieux ruraux en proie à l’activisme de la mosaïque de groupes armés et autres formes d’insécurité, beaucoup de femmes et filles instruites se résignent à prester dans ces zones alors que le gros des actions des ONG humanitaires y sont orientées.

 

Plusieurs initiatives féminines ont été prises en vue de la création des cadres permettant aux femmes de se rencontrer afin de réfléchir et échanger sur des actions à mener auprès des décideurs en vue de jouir, en tout temps et en tout lieu, de leurs droits légitimes et de faire face aux défis majeurs qui entravent leur développement.

 

En commémorant cette journée, les femmes du Sud-Kivu porteuses du flambeau de la campagne « Rien sans la femme » se décident de plaider pour le respect de la Parité en RD Congo, faisant ainsi référence à l’article 14 de la Constitution de la RD Congo, car elles sont convaincues qu’il n’y aura pas de paix ni de développement durable sans les femmes. La RDC a déjà ratifié à ce jour plusieurs instruments juridiques internationaux, mais elle ne semble pas accorder la diligence voulue et exigée à leur mise en application. Ce qui constitue une autre forme de violation des droits des femmes au regard des engagements internationaux auxquels le pays a souscrit.

 

La JIF est célébrée en RD Congo dans un contexte purement marqué par les préparatifs des élections pour cette année 2016 où la femme doit prendre une part active et surtout qu’elle constitue l’électorat le plus important en RD Congo. Sa mobilisation nécessite un apport de tout le monde, car on sait que la majorité des femmes électrices sont pauvres et analphabètes, donc facilement malléables.

 

La RD Congo en général et sa partie Est en particulier traversent des moments de conflits engendrés par des groupes armés locaux et étrangers sur fond des inégalités sociales, économiques, culturelles, politiques et juridiques qui se sont transformées en mode de gouvernance. Des crimes de guerre tels que les pillages, les viols, les assassinats, les meurtres, les attaques contre les camps des déplacés internes, des agressions des femmes perpetrées tantôt par des civils, tantôt par des soldats ou des miliciens armés congolais et étrangers sont devenus monnaie courante.

 

C’est pourquoi, l’asbl Héritiers de la Justice estime que pour prétendre à l’emergence de la RD Congo d’ici 2030, les autorités nationales, provinciales et locales sont tenues d’impliquer la femme dans tout le processus de prise de décision car elle en a les capacités à l’instar de l’homme. Aussi, les femmes ne constituent-t-elles pas en moyenne 52% de la population de notre pays ?

 

L’Association Héritiers de la Justice pense qu’avec une réelle volonté politique, l’effectivité en RD Congo des instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs à la parité et ceux qui contribuent au développement intégral de la femme est raisonnable et réalisable même avant l’année 2030 retenue dans les thèmes national et international de la JIF 2016.

 

Enfin, Héritiers de la Justice exige du gouvernement congolais de s’inscrire en faux contre tout ce qui freine la réalisation effective de la parité homme-femme à tous les niveaux.

 

Que vive la Journée Internationale de la Femme.

 

Bonne fête à toutes les femmes et tous les hommes acquis à la promotion des droits de la femme.

 

Bukavu, le 08/03/2016

Héritiers de la Justice

Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.