La LDGL dans la ligne de mire du gouvernement rwandais

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Mr Epimack Kwokwo, défenseur des droits humains et cadre congolais de la LDGL, expulsé du territoire rwandais

Le samedi 28/05/2016, Monsieur Epimack Kwokwo, Secrétaire exécutif de la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL) basée à Kigali au Rwanda, a été déclaré personna non grata par le service d’Immigration dudit pays. L’annonce de son expulsion a eu lieu au bureau précité et directement, il a été obligé de prendre place à bord d’une camionnette de l’Immigration, direction frontière rwando-congolaise de Ruzizi 1er qui sépare les villes de Cyangugu au Rwanda et Bukavu en RD Congo. La victime a tout fait pour demander à ses interlocuteurs de lui permettre de rentrer à son domicile pour retirer ses effets mais en vain. Le service rwandais de l’Immigration reproche à ce cadre de la LDGL le fait de ne pas avoir des documents de séjour valides, à savoir son permis de travail pour un séjour régulier sur le sol rwandais.

 

Juste à l’annonce de cette mauvaise nouvelle, le service de l’Immigration rwandaise a obligé monsieur Epimack d’éteindre ses téléphones portables afin de ne pas communiquer avec ses proches et collaborateurs ainsi que sa famille. Pour rappel, son passeport lui avait été confisqué par l’immigration depuis octobre 2015 et ce n’est que ce samedi 28 mai qu’il lui a été remis au moment de traverser la frontière vers le Congo. On lui a fait lire le document ordonnant son expulsion du territoire rwandais, mais aucune copie ne lui a été remise.

 

Il sied de noter que la LDGL est un réseau de droit suisse créé en 1993 et dont le siège est situé depuis à Kigali au Rwanda. Elle regroupe une vingtaine d’organisations des droits humains rwandaises, congolaises et burundaises.

 

Selon les sources internes de la LDGL, les démêlées de Mr Epimack, alors Secrétaire Exécutif de la ligue, avec le pouvoir rwandais seraient consécutives à la production et la publication en mars 2015 par la LDGL du rapport d’Examen Périodique Universel (EPU) dans lequel ce réseau a, contrairement à plusieurs autres organisations, relevé les avancées mais aussi les déficits en matière des droits de la personne au Rwanda.

 

Recruté par la LDGL en mars 2009 à l’issue d’un test public, Mr Epimack Kwokwo a, tour à tour, exercé les fonctions de Coordonnateur du programme Observatoire des droits de l’homme dans la région des Grands Lacs, puis de Secrétaire exécutif ad intérim en septembre 2010 et enfin de Secrétaire Exécutif en juin 2012. Et chaque fois que de besoin, il obtenait sans heurts des services rwandais les documents lui permettant de travailler dans ce pays. Mais à l’expiration le 31/12/2014 de son permis de travail, son renouvellement lui a, cette fois-ci, été refusé sans raison officielle déclarée.

 

Dans le cadre des accords de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL), les citoyens des pays membres ont le droit de circuler librement dans les pays de la communauté avec des documents mis à leur disposition pour cette fin. Toutefois, Mr Epimack aussi en disposait et cela devrait le mettre à l’abri de l’expulsion jusqu’au renouvellement du statut légal (réenregistrement) de la LDGL, l’organisation qui l’emploie.

 

Il sied de rappeler que la LDGL est active sur les questions en rapport avec les droits de l’homme et les libertés fondamentales dans les pays de la région des Grands Lacs. Du fait de sa mission, elle documente de manière professionnelle, en toute impartialité et neutralité, les faits et formule des observations et recommandations aux Etats de la région dans le domaine du respect et de la promotion des droits de l’homme. Mais depuis quelque temps, il s’observe dans cette région des graves restrictions des droits et libertés fondamentaux du citoyen. Les pouvoirs publics dans les trois pays s’ingénient dans les astuces visant à réduire au silence les organisations de la société civile dynamiques qui s’obstinent dans leur indépendance et refusent de s’aligner sur leurs positions qui mettent à mal la construction des Etats démocratiques et respectueux des droits humains pour tous, surtout que la plupart des partenaires extérieurs y deviennent de plus en plus regardant en cette matière de financement.

 

La LDGL a encore un grand rôle à jouer dans ce contexte, mais son fonctionnement harmonieux est toujours mis à mal par les autorités. En témoignent les fuites forcées de la plupart de ses Secrétaires Exécutifs précédents. En plus, depuis fin 2014, les services rwandais chargés des organisations internationales semblent ne pas vouloir renouveler le certificat d’enregistrement de la LDGL pour lui permettre de travailler en bonne et due forme sur le sol rwandais.

 

Avec ce refoulement de Mr Epimack, l’exécutif de la LDGL ne présente plus l’image régionale intégratrice de trois pays. En effet, le Secrétariat exécutif ne compte plus de Congolais et de Burundais en son sein, tout le personnel restant exclusivement rwandais. Les deux autres Etats ne sont donc représentés de manière équitable qu’au sein du Comité directeur et du Conseil de surveillance, deux organes dont les membres sont bénévoles.

 

Désapprouvant cette expulsion, l’asbl Héritiers de la Justice craint que les visées ultimes du pouvoir rwandais ne soient de vouloir fermer le bec critique de cette organisation, de vouloir la noyauter ou l’infiltrer ou encore de déstabiliser son fonctionnement à l’instar de ce qui est récemment arrivé à certaines organisations rwandaises.

 

C’est pourquoi, l’Association appelle le Comité Directeur de la LDGL à approcher le plus vite les responsables du service d’Immigration du Rwanda pour en savoir plus et obtenir d’eux des facilités légales qui permettent aux ressortissants de la RD Congo et du Burundi de travailler, sans restrictions, pour la LDGL à Kigali et ailleurs au Rwanda. Aussi, les membres du Comité directeur devraient discuter avec les partenaires financiers et les rassurer de la poursuite normale de la mise en œuvre des projets et des efforts de redressement du réseau malgré la sortie forcée d’Epimack du territoire rwandais.

 

Bukavu, le 31 mai 2016

Héritiers de la Justice

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Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.