Agressions des civils et incursions nocturnes persistantes dans les domiciles par des hommes armés

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L’attitude parfois affichée par des éléments des forces de sécurité inquiète

 

Dans la nuit du dimanche 05 au lundi 06 juin 2016, vers 0h00, la famille de feu Baguma Sholera, mieux connu sous le surnom de Yuyu, domiciliée sur avenue de la Presse ou Pageco, derrière la Prison centrale de Bukavu dans la commune d’Ibanda, a été attaquée par des hommes armés en tenue civile. Cette attaque s’est soldée par une atteinte à l’intégrité physique sur la personne de monsieur Christian Murhula Baguma, fils aîné de cette famille. Egalement, 2 ordinateurs portables, 1 Iphone, des téléphones portables ont été emportés par ces criminels.

 

En effet, les membres de cette famille étaient tous plongés dans un profond sommeil lorsque les présumés bandits sont entrés dans leur maison sans qu’ils s’en rendent compte. Monsieur Christian a été réveillé de son sommeil par son bourreau. Et ce dernier lui a aussitôt braqué son poignard sur la tempe, prêt à l’achever. C’est dans l’altercation avec son visiteur indésirable que le jeune homme a sauté sur son interlocuteur et une bagarre de plus de trente minutes s’en est suivie. Pendant tout ce temps, tout le reste des membres de la famille étaient endormis. Les agresseurs auraient préalablement pris soin d’endormir ces derniers à l’aide des produits appropriés, parmi lesquels le chanvre dont on a trouvé la poussière le lendemain matin tout autour de la maison, nous a-t-on révélé par la suite.

 

Le pauvre garçon a été poignardé au front et sur l’épaule droite. En repoussant son agresseur, celui-ci s’est renversé par terre et, comme la porte de la maison était laissée grandement ouverte, il s’est blessé par son propre poignard au niveau des cotes en retombant dehors, légèrement devant la porte d’entrée. Puis, les agresseurs ont lâché prise et se sont sauvés. Réveillés par les cris de détresse poussés par la victime, les membres de la famille ont profité de ce départ pour s’enquérir de l’état de monsieur Christian. A peine la maisonnée réveillée, des militaires ont surgi sur le chemin jouxtant l’habitation de la famille attaquée, à quelque 6 mètres. Voulant leur demander s’ils viennent d’appréhender les fugitifs, la mère de Christian a entendu un de ces militaires dire à ses camarades : « Bango wana, beta mbuda » !, ce qui signifie : « Ce sont eux, chargez et tirez sur eux » ! Sans demander leur reste, les membres de la famille se sont précipités dans leur habitation pour se cacher.

 

Selon nos sources, ces militaires sont restés là-bas depuis cet incident jusque vers 3h00 du matin. Et pendant tout ce temps, monsieur Christian ne faisait que saigner. Ce n’est que vers 3h30, s’apercevant du repli de ces militaires, que les proches de Christian l’ont acheminé à l’hôpital de la 5è CELPA situé non loin de là pour des soins. Cette attitude affichée par ces éléments de FARDC fait que les victimes et d’autres civils disent que « nos tortionnaires agissent sous la bénédiction de certains éléments de forces de l’ordre déployés dans nos quartiers ».

 

Cela montre que des militaires censés secourir la famille attaquée seraient plutôt de mèche avec les agresseurs dans la commission des crimes précités. Et ça, c’est un acte de haute trahison. Qui va alors secourir les populations en proie à l’insécurité devenue monnaie courante au Sud-Kivu.

 

Tenez. Le matin du mardi 8 juin 2016, le corps de mademoiselle Cikuru Rubangiza résidant au village Mbiza dans le groupement Kagabi, territoire de Kabare, a été retrouvé en bas de chez elle. Le corps portait des blessures dont l’appareil génital qui a subi des mutilations. La victime était élève en 5è année des humanités au complexe scolaire Espoir de Kabare.

 

Selon nos sources, elle aurait été chassée de chez elle la veille par ses parents. La Cause ? Elle serait rentrée au toit parental dans un état d’ébriété. Elle aurait pris une destination inconnue jusqu’au jour suivant lorsque son corps inerte a été retrouvé dans le bois. Certaines personnes telles que messieurs Jules Kafifi, Dieme Chibenda, Nyamukaya ainsi que l’oncle paternel de la victime qui partageait un verre de bière avec cette dernière ont été mis sous les arrêts pour raison d’enquête.

 

L’asbl Héritiers de la Justice condamne tous ces actes d’incursion nocturne dans les domiciles privés par des hommes armés, d’agressions et d’assassinats des civils qui perdurent dans la ville de Bukavu et ailleurs dans la province du Sud-Kivu. Elle s’interroge sur les attitudes d’inaction manifestées parfois par les éléments de forces de l’ordre basés non loin des lieux de commission des faits.

 

L’Association demande aux autorités qui ont mandat d’assurer la protection et la sécurité de la population de doubler d’ardeur en agissant à la fois de manière proactive et réactive pour mettre un terme à l’insécurité persistante dans cette partie de la RD Congo. Tous les cas suspects dénoncés par les populations doivent faire l’objet d’une enquête minutieuse et déferrer devant les instances compétentes toutes les personnes mêlées de près ou de loin dans les crimes sus-évoqués.

 

Bukavu, le 13 juin 2016

 

Héritiers de la Justice

 

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Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.