Arrestation du député provincial Frédéric Batumike Rugimbanyi à Bukavu

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prostate helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Est-ce le début de la fin de l’impunité dont jouissent les grandes personnalités

 

L’Honorable Frédéric Batumike Rugimbanyi, député provincial élu de la circonscription électorale de Kabare dans la province du Sud-Kivu, a été arrêté le mercredi 22 juin 2016 vers 6h00 du matin à son domicile à Bukavu par des éléments de l’Auditorat militaire de Bukavu. Puis il a été mis au cachot du service précité. Selon les médias et les organisations de la Société civile du Sud-Kivu, il est reproché à ce député plusieurs griefs dont : le viol des filles mineures à Kavumu dans le territoire précité, l’assassinat des messieurs Walter Müller, un sujet allemand, et Evariste Kasali, responsable de l’antenne de la Nouvelle Dynamique de la Société civile(NDSC) au niveau de Katana et l’entretien d’une milice qui sème la terreur à Kavumu et à Katana. Lors de son arrestation, on aurait trouvé chez lui une arme à feu non régulièrement enregistrée et certaines sources allèguent que même un de ses fils était en possession d’une autre arme à feu ainsi qu’un sac contenant du chanvre.

 

Dès lors, plusieurs voix s’élèvent dans le sens de la désapprobation de cette arrestation et cette détention et d’autres dans le sens de l’approbation, disant que c’en était trop. Les députés provinciaux, partisans, vous vous en doutez bien, de la désapprobation de cette détention, font valoir le non respect de la procédure légale en matière d’arrestation d’un député. Selon le rapporteur de l’Assemblée provinciale relayé ce 22 juin 2016 par les médias de Bukavu, tout en reconnaissant le droit de poursuite à l’endroit de son collègue, l’Auditorat aurait dû d’abord saisir l’Assemblée provinciale en vue de la levée de l’immunité parlementaire de ce député avant son arrestation. Et ses collègues exigent à présent sa libération sans conditions pour qu’ils s’attèlent à lever les immunités tel que l’avait demandé le ministre congolais de la justice.

 

Du côté des partisans de l’approbation de cette arrestation, les éléments de preuve de l’implication de ce député dans les crimes sont patents et il était temps de mettre la main sur lui pour que ce dernier réponde de ses actes devant les juridictions compétentes. La NDSC soutient qu’en marge de l’arrestation de monsieur Batumike, 68 autres individus ont été mis aux arrêts. Certes, précise-t-on au niveau de la NDSC, il va sans dire qu’il peut y avoir des innocents parmi ces 68 suspects. Mais parmi eux, il y a des membres de la milice qu’entretiendrait l’honorable Batumike.

 

S’agissant de l’assassinat de monsieur Evariste Kasali, la NDSC soutient que celui-ci était en train de mener des investigations sur le viol et l’insécurité entretenus à Kavumu depuis belle lurette par ce député lorsqu’il a été assassiné. Deux jours avant son assassinat, il devait aller voir le procureur général afin de fournir à celui-ci des preuves de l’implication des miliciens à la solde de ce député dans les crimes perpétrés à Kabare. Mais hélas !

 

En outre, dans une correspondance que monsieur le Gouverneur de province du Sud-Kivu, Son Excellence Marcellin Cishambo, a adressée à maître Maisha subsidiaire à celle que ce dernier lui avait envoyée et dont Héritiers s’étaient procurées des copies, l’autorité avoue que monsieur Batumike avait galvaudé sa propre signature ainsi que le sceau du gouvernorat. Il aurait ainsi utilisé ces éléments pour rédiger un document signé et scellé par le gouverneur et attestant qu’il est le propriétaire de la plantation qu’il se disputait avec monsieur Walter Müller avant de faire assassiner ce dernier.

 

Que ces allégations soient avérées ou pas, l’asbl Héritiers de la Justice salue cette mesure consistant enfin à déferrer devant les instances judiciaires de grandes personnalités de la province sur qui pèse la commission des crimes contre l’humanité et des violations des droits humains. Parce que l’opinion a le droit d’être éclairée et la population a besoin de toute la quiétude nécessaire pour continuer à vivre dans la dignité.

 

En attendant l’issue du procès sur toutes ces allégations, Héritiers de la Justice exige que d’autres personnalités soupçonnées ou accusées d’avoir commis d’autres crimes aussi graves soient également mises aux arrêts et traduites en justice. Il s’agit, par exemple, de l’ex-Ministre provincial de l’EPSP, madame Bernadette Masoka Safi accusée, entre autres, d’avoir vendu une partie du terrain de l’athénée d’Ibanda à une tierce personne avant son éviction du gouvernement provincial du Sud-Kivu lors du récent remaniement ministériel.

 

Monsieur Donado Musema, directeur de la Radio Iriba, a subi des menaces de mort de la part de monsieur Shamavu surnommé Docta. Un procès a eu lieu mais la peine infligée n’est en rien proportionnelle à l’infraction commise.

 

Des femmes vivantes ont été enterrées dans le territoire de Mwenga par les animateurs et forces armées au service du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) en 1999 ainsi que plusieurs massacres (Makobola, Katogota, Burhinyi, ….) mais jusqu’à présent aucun procès n’a jamais eu lieu malgré la promesse du gouverneur d’initier des actions en justice.

 

Tout récemment, des maisons ont été démolies en vue de l’agrandissement de la route Nationale N°5 sur le tronçon allant de la prison centrale de Bukavu jusqu’à Panzi sans aucune indemnisation des victimes de cette démolition. Pourtant, le ministre Kalenga Riziki en charge du ministère des Infrastructures avait affirmé à cette époque que toutes les victimes possédant des documents attestant qu’ils sont propriétaires desdites concessions seront dédommagées. Et dire que la Constitution dispose en son article 34 al.3 que « Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité octroyée dans les conditions fixées par la loi » !

 

Somme toute, Héritiers de la Justice exige que le parquet mène des enquêtes fouillées pour démanteler toutes les autres grandes personnalités mêlées de près ou de loin dans d’autres malversations et crimes pour qu’elles répondent également de leurs actes devant les instances compétentes. C’est seulement de cette manière que l’on pourra démontrer devant la face du monde que la justice congolaise et les portes des prisons ne sont ouvertes que pour le seul petit peuple !

 

Bukavu, le 23/06/2016

 

Héritiers de la Justice

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Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.