Enfin, le début des audiences du procès sur les massacres répétés de Mutarule en territoire d’Uvira dans la province du Sud-Kivu

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Le vendredi 12 août 2016, ont été ouvertes les audiences du procès sur les massacres répétés des populations civiles commis par des hommes armés dans la localité de Mutarule, groupement de Luberizi en chefferie Plaine de la Ruzizi, territoire d’Uvira dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Ces audiences sont organisées en chambre foraine par la Cour Militaire du Sud-Kivu déplacée de Bukavu et siégeant en matière répressive. Elles se tiennent, plus de deux après la commission des faits, sur le lieu de crime à Mutarule dans le terrain local de football. Elles ont connu, ce premier jour, une forte affluence des populations locales et d’autres dont des notabilités du territoire venus de Bukavu, Uvira et Sange.

 

7 personnes présumées à la base de ces crimes contre l’humanité, dont des militaires des Forces armées de la RD Congo (FARDC), des miliciens et des civils étaient attendues au procès. Il s’agit de Mr Sheria Kahungu, greffier de la chefferie Plaine de la Ruzizi, du Capitaine Ebanyanyoni dit Commando, du Major Kayumba Nyenyeri, alors commandant du bataillon local des FARDC, de Mr Claude Mirundi, Chef de groupement Luberizi, du Colonel Elias Rubibi, commandant du Régiment FARDC basé à Luvungi, ainsi que des miliciens maï-maï Karakara et Bede Rusagara. Seuls les trois premiers prévenus étaient présents ce premier jour du procès. Le dernier cité, Mr Bede Rusagara est déjà décédé abattu le 29/08/2015 dans la ville d’Uvira par les militaires de « l’Opération Sokola 2 ». L’autre milicien Karakara auteur du vol des vaches des Banyamulenge et des Congolais d’expression burundaise qui aurait été à la base du carnage du 06/06/2014 est toujours dans la brousse. Les deux autres prévenus, Mr Claude Mirundi et colonel Elias Rubibi sont actuellement en dehors de la province du Sud-Kivu. Ce dernier officier supérieur de l’armée sert toujours sous le drapeau à Kinshasa, a dit précisé la Cour.

 

La première journée des audiences a essentiellement consisté en l’identification des prévenus et la lecture des charges retenues contre eux.

 

Il sied de rappeler qu’en l’espace d’environ deux ans, la localité de Mutarule a, du fait l’intolérance tribalo-ethnique, connu, coup sur coup, trois massacres successifs. Il s’agit de :

-      4 personnes d’une même famille froidement assassinées chez elles le mardi 30/07/2013 aux environs de 20 heures 45 minutes : Mr Musaraza Mbombo John surnommé de Dundagira (47 ans), sa femme Maganya Mawazo Furaha (36 ans) et leurs enfants Mlle Nakyanya Joséphine (7 ans) et Mr Tuliho Edouard (3 ans). Plusieurs sources ont indiqué que ce crime était le fait des éléments du Major déserteur des FARDC Bede Rusagara ;

-      8 personnes lâchement tuées le 15 août 2013 vers 20 heures, par des militaires FARDC dont 3 fillettes : Chanceline (3 ans), Charlotte (5 ans) et une autre de la famille Kashuta calcinée dans la maison parentale incendiée ; 2 garçonnets : Mahuno (4 ans) et Ishara (5 ans), 1 femme : Mme Asta Jude ainsi que 3 hommes : sieurs Kambene Ruzeduka, Busu Rukundo et Désiré. L’on avait aussi dénombré 5 personnes blessées dont une femme grosse d’environ 6 mois, et 3 maisons calcinées ;

-      33 personnes abattues par armes blanches et à feu le vendredi 06 juin 2014 dont 8 enfants (Medemoiselles Siri Ruhena Mubaya, Tulizo Joséphine, Laheri Kabike, Matulizo Mvukiye et sieurs Merci Birizene, Ndahondi Kaleha, Espoir Matenga, et Butoto Kugiririra), 12 femmes (Ingineri Mulangaliro, Christina Kayoboza, Mapendo Karama, Rita Sekanabo, Mwajuma Katinda, Machozi Kubeshwa, Mvwira Kikwindi, Amina Kugiririra, Mme Kadokolo, Namakuru Narukako, Riziki Rosa et Bwira Kikwindi)et 13 hommes (Akili Namufwakage Bigaya, Meshaki Kabike, Lajeri, Mafikiri Kimbayambaya, Ndahondi Kaleha, Kugiririra Rusagara Rurengera, Vumilia Makoko, Maliziya Binyogo, Eliza Namukenge, Nzimire Kanaka, Gidioni Kanaka, Dogale Toyota et Kakule)la plupart étaient en retraite de pentecôte dans l’église protestante locale, et aux soins médicaux dans le centre de santé situé dans la même concession que l’église.

 

L’organisation de cette chambre foraine est le fruit de la conjugaison de plusieurs actions de plaidoyer et de pression sur le gouvernement congolais menées par les populations victimes, les organisations de la société civile congolaise et les partenaires internationaux de la RDC. Ces audiences bénéficient de l’appui logistique de la Mission des Nations Unies en RDC, MONUSCO, comprenant notamment la prise en charge des interprètes, la sonorisation, le déplacement des magistrats de la Cour militaire, le collectif de 8 avocats qui assistent les 80 plaignants constitués en partie civile, etc.

 

La séance de la première journée a été suspendue dans l’après-midi et la Cour a annoncé la délocalisation à Uvira-centre de prochaine audience prévue ce lundi 15 août 2016.

 

L’asbl Héritiers de la Justice, à l’instar de la population sinistrée du territoire d’Uvira, se réjouit de ce début du procès sur les crimes récurrents commis à Mutarule et souhaite que ces audiences soient menées jusqu’au bout sans interruption et sans interférence de quelle que nature que ce soit, c’est-à-dire que toute la vérité sur les auteurs matériels et intellectuels ainsi que sur leurs mobiles éclate au grand jour et que les coupables soient punis et les familles des victimes indemnisées conformément à la loi.

 

Elle voudrait aussi voir l’Etat congolais remettre aux mains de la justice ses deux autres préposés déjà cités ainsi que ceux qui pourraient l’être prochainement tout au long du procès et ce quels que soit leurs rangs et fonctions.

 

C’est à ce titre seulement que les actions des acteurs publics et des organisations non gouvernementales congolaises et internationales visant la cohabitation et réconciliation des communautés tribales et ethniques vivant dans cette partie de la province du Sud-Kivu pourront produire un impact réel et durable.

 

A suivre …

 

Bukavu, le 14/08/2016

 

Héritiers de la Justice

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Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.