Célébration de la Journée Internationale de la Paix 2016

PDFImprimerEnvoyer

pharm helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">L’asbl Héritiers de la Justice active dans la promotion des droits des femmes victimes des violences basées sur le genre dans la  province du Sud-Kivu

Dans le cadre de la célébration de Journée Internationale de la Paix (JIP) 2016 qui avait pour thème : « Les objectifs de développement durable, composante de la Paix », l’asbl Héritiers de la Justice a organisé, le mercredi 21 septembre 2016 à Kalehe, une séance de sensibilisation des populations locales sur les droits des femmes en général et de celles victimes des violences sexuelles et basées sur le genre en particulier. Le thème développé à cette occasion était « les violences basées sur le genre et leurs sanctions en Droit Congolais ». Cette activité a été réalisée dans le cadre du projet Clinique légale financé par l’ONG KAIROS Canada.

La séance de sensibilisation s’est tenue dans la salle de réunions de l’Ecole Primaire RUHARAGA à Kalehe-Centre et était destinée aux autorités politico-administratives, aux militaires, aux responsables des églises, aux membres des structures-relais à la base de Héritiers de la Justice (CMD Kalehe et Nyabibwe) ainsi qu’aux membres des organisations et initiatives locales de développement partenaires. Modérée par Mme Chantal Bilulu, la Chargée du Programme Femme et Enfants (PFE) qui pilote ledit projet, cette activité a été facilitée par Mr Jean Paul Chalazire, Animateur au Programme formation et renforcement institutionnel (PFRI) de l’association assisté de Mme Neema Lubala, Animatrice au PFE.

En menant cette séance de sensibilisation Héritiers de la Justice voulait apporter sa contribution aux efforts visant à changer les comportements et les perceptions de la population vis-à-vis des violences basées sur le genre et des droits humains des femmes dans la société.

Une trentaine d’acteurs locaux du territoire de Kalehe situé au nord de la ville de Bukavu dans la province du Sud-Kivu ont pris une part active à cette journée de sensibilisation.

 Comme l’activité est menée le jour internationalement consacré à la paix, le facilitateur a, avant de parler de la thématique de la sensibilisation, d’abord fait mention de la déclaration du Secrétaire Général des Nations Unies, Mr Ban Ki Moon, à l’occasion de la JIP 2016 : « Tous ensemble, mobilisons-nous en faveur de la paix et de l’égalité de tous les êtres humains ainsi que d’une planète plus verte en veillant à ne laisser personne de côté ». Il a aussitôt dit que par ce message, le Secrétaire Général de l’ONU veut, conformément aux instruments juridiques édictés par son organisation, que les hommes et les femmes, les garçons et les filles concourent et participent ensemble sans exclusive à la réalisation des objectifs de développement durable.

 

Tout au long de sa présentation, le facilitateur s’est chaque fois appuyé sur les textes juridiques nationaux et internationaux qui protègent la femme et la fille. Il s’agit de la loi n° 06/018/ du 20 juillet 2006 portant répression des violences sexuelles en RDC, la Constitution de la république, le Code de la famille récemment révisé, le Traité de Rome instituant la Cour Pénale Internationale.

Avec le concours des participants, le facilitateur a ressorti un fait : les violences sexuelles et basées sur le genre sont, non seulement la résultante du climat de non paix dans une milieu ou dans une société, mais aussi elles contribuent à son amplification et sont un frein au développement de la communauté. C’est pourquoi le combat contre ce fléau doit être l’affaire de tous, hommes et femmes, garçons et filles, dirigeants et dirigés.

Contribuant de bout en bout à l’analyse du thème par des questions et des réponses, les participants ont notamment identifié quelques cas des violences basées sur le genre les plus récurrents dans leur milieu. Il s’agit du mariage précoce, de l’exclusion de la femme et la jeune fille à l’héritage, dans la prise de décision, des atteintes à la liberté de circulation des femmes, de la restriction des femmes à certains fonctions, les violences sexuelles, la prostitution d’enfants, etc. Toutes ces pratiques sont encouragées par des coutumes rétrogrades courantes dans plusieurs villages du territoire de Kalehe.

Le facilitateur n’a pas tardé à montrer aux participants que la femme et la jeune fille ont des droits égaux à l’héritage au même que l’homme et le garçon. Il s’est basé sur l’art. 758 al.1 du code de la famille congolais qui stipule que « Les enfants du de cujus nés dans le mariage  et ceux nés hors mariage mais affiliés de son vivant ainsi que les enfants adoptifs forment la première catégorie des héritiers de la succession». A la lumière de cette disposition, il a insisté que la loi n’a pas exclu la jeune fille parmi les enfants héritiers.

Il a aussi précisé que si une famille n’a que des enfants filles uniquement, ce sont ces dernières qui constituent les héritiers de la première catégorie. Ce qui contredit la coutume rétrograde qui prévoyais que c’est le fils ainé qui avait droit d’hériter tous les biens car ayant hérité le nom de la famille. Les autres petits frères peuvent ne pas avoir leur part en excluant les filles.

xPour combattre l’exclusion de la femme à certains droits à Kalehe, le facilitateur n’a pas cessé à montrer aux participants que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. En appliquant ce principe, l’on serait entrain de faire face aux cas des violences basées sur le genre dans les communautés.

Après avoir amené les participants à citer les types de violences basées sur le genre les plus fréquents à dans leurs milieux, le facilitateur a montré que certains actes énumérés concernent des formes des violences sexuelles et, de ce fait ils constituent des infractions punis par la loi.

 

Le viol, le harcèlement sexuel, le mariage forcé, la prostitution d’enfants, le souteneur et proxénétisme, la zoophilie, la pornographie mettant en scène les enfants, la transmission délibérée des infections sexuellement transmissibles incurables et la grossesse forcée,… ont fait objet de discussions et débats.

 

La population de Kalehe satisfaite du message donné, ont remercié Héritiers de la Justice ont recommandé la multiplication des séances de ce genre dans diverses localités de leur territoire afin d’atteindre le plus grand nombre de personnes et de couches sociales.

 

Dans leur mot de gratitude aux organisateurs, les participants ont aussi pris l’engagement de transmettre les acquis de la séance de sensibilisation aux autres membres de leurs structures qui n’ont pas eu la chance de participer et ont promis de combattre dans leurs rayons d’actions les violences basées sur le genre dont sont victimes les femmes et les filles à Kalehe afin de permettre une jouissance égalitaire par l’homme et la femme des droits humains, l’avènement de la paix et le développement durable.

 

Fait à Bukavu, le 30 Septembre 2016

 

Héritiers de la Justice, asbl

Afrique

Afrique – France 24 - L’Actualité Internationale 24h/24
Actualité, news en AFRIQUE, toutes les actualités africaines en direct, Maghreb, Sahel, AFRIQUE centrale, AFRIQUE de l'ouest,débats, reportages
Afrique – France 24 - L’Actualité Internationale 24h/24

Nouvelles

Mort d’homme et incendie des maisons et motos à Nyamutiri dans le territoire d’Uvira 30.11.99 - Durant la journée du mardi 07 mars 2017, à partir de 14h00, l’on a enregistré 1 mort, 3 maiso...
Journée Internationale de la Femme (JIF) 2017 30.11.99 - Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50 d’ici 2030 Le...
Les étudiants de l’ISP Bukavu protestent pacifiquement contre la majoration des frais académiques décidée par le Comité de gestion Les étudiants de l’ISP Bukavu protestent pacifiquement contre la majoration des frais académiques décidée par le Comité de gestion 30.11.99 - Dans la matinée de ce vendredi 2 décembre 2016, les étudiants de l’Institut Supérieur Pédag...
La responsable de l’Hôtel Witness séquestré par les agents du parquet général de Bukavu de 05h50 à 12h30 à son domicile 06.12.16 - Ce mardi 15 novembre 2016, Madame Elysée Mudimbi Owanga, responsable de l’Hôtel Witness, a ét...
L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu 30.11.99 - L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu Des morts et des blessés par des coupeurs de route ...

Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.