La famille de Mr Benjamin Kiyana, agent à la DGRAD attaquée

PDFImprimerEnvoyer

help helvetica, ask sans-serif; font-size: 12pt;">

pharmacy helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">Quid du plan de sécurisation des personnes et de leurs biens dans la province du Sud-Kivu

Dans la nuit du mardi 04 au mercredi 05 octobre 2016, aux environs de 3 heures 30 minutes, la famille de monsieur Benjamin Kiyana, agent à la DGRAD, a été attaquée par des hommes armés non autrement identifiés. Cette famille est domiciliée dans le même bâtiment que celle du Pasteur Maurice Bahati Masheka-ga-Namwira, ancien Secrétaire Exécutif de Héritiers de la Justice, dans la commune de Kadutu à Bukavu dans la province du Sud-Kivu. Selon les informations recueillies sur le lieu, les assaillants ont réussi à emporter avec eux un butin constitué d’un poste téléviseur 32 pouces de marque LG, un lecteur de marque ZEC et un téléphone portable TECHNO H6. Dans la même nuit, un certain Shalugurhi résidant à Mulangala dans le groupement Bugorhe, territoire de Kabare, a été tué à son domicile par d’autres hommes armés.

 

La famille Benjamin Kiyana dormait lorsque les deux parents ont pressenti la présence des visiteurs indésirables dans leur salon située au 1er niveau. Le chef de famille s’est résolu de sortir tranquillement de sa chambre à coucher pour s’enquérir de la situation qui prévalait dans son salon. Lorsqu’il maniait la serrure de la porte donnant sur le salon, les bandits à main armée lui ont dit aussitôt en lingala sur un ton péremptoire : « Yo, zonga kuna », ce qui signifie « Toi, rentres là-bas ! ». Sans rétorquer, monsieur Benjamin a rebroussé chemin, craignant pour ce qui pourrait lui arriver.

 

A son retour dans sa chambre, il a alors alerté la famille de Maurice Bahati Masheka qui l’héberge ainsi que d’autres voisins par téléphone pour qu’ils viennent à leur secours. Se sentant déjà dans le collimateur de la maisonnée victime et de l’entourage, les bandits n’ont plus tardé à se retirer, emportant les biens précités. Leur départ a fait place à des interrogations, notamment celle de savoir par où ces malfaiteurs sont passés pour s’introduire dans la maison.

 

Après vérification, on s’est rendu compte qu’ils sont passés par la fenêtre du salon après en avoir cassé le grillage. Au terme de leur opération, les assaillants se sont emparés de la clé laissée, par inadvertance, par la famille visitée dans la serrure et ils se sont retirés aisément de la maison. Egalement, les occupants de la concession et les voisins venus à leur rescousse ont réalisé qu’avant d’entrer chez monsieur Benjamin, les malfrats avaient pris soin de placer une échelle à l’entrée de l’appartement occupé par monsieur Aron, neveu du Pasteur Maurice Bahati, résidant lui-aussi dans la même concession, question d’être alertés par le bruit que causerait le déplacement de cette échelle au cas où les occupants dudit appartement se seraient décidé de venir à la rescousse de la famille attaquée.

 

Des informations recueillies sur le lieu auprès de la famille victime et d’autres habitants, il ressort que les avenues Buholo V et Funu 1er, voisines par surcroît, sont devenues des endroits de prédilection pour les hommes armés qui opèrent en toute quiétude sans être appréhendés par les forces de sécurité dont les éléments sont présents, souvent de nuit, à la Place Carrefour se trouvant à 2 ou 3 minutes de marche de chez Benjamin. Des preuves supplémentaires de leur laxisme ! Là, chez Monsieur Benjamin, les policiers y sont arrivés plusieurs minutes après le départ des assaillants.

 

Durant le mois de septembre 2016, la population locale signale la récurrence des cas d’incursions nocturnes : chez Mama Esta, belle-sœur de monsieur Maurice et mariée à monsieur Jean Mulenda résidant sur avenue Buholo V, ensuite chez Mama Charles domiciliée sur la même avenue. A cette dernière famille, on a ravi un poste à souder utilisé par son mari. Les voisins de cette famille ont subi le même sort et ont même été passés à tabac. Aussi, le domicile de Mama Wilo, sur cette même avenue, a été victime d’une incursion nocturne d’où on a emporté un téléviseur et un lecteur, pour ne citer que cela.

 

Non loin de la ville de Bukavu, les groupements de Miti et de Bugorhe dans le territoire de Kabare sont également en proie à l’insécurité causée par des hommes armés. En témoigne l’assassinat dans la nuit du 04 au 05 octobre 2016 de Mr Shalugurhi chez lui dans le village Mulangala/Bugorhe. D’autres cas de morts, de viols de femmes et de filles mineures ainsi que de braquage des véhicules et motos sur les axes routiers sont signalés plus d’une fois par semaine depuis 2 ans avec comme point d’orgue la période allant de janvier 2016 à ce jour. Malheureusement, le gouvernement national ou provincial s’en préoccupe malgré le foisonnement dans la contrée des services de protection des civils et leurs biens : FARDC, Police nationale, Casques bleus de la MONUSCO, etc.

 

Au lendemain de l’assassinat le 14 septembre dernier vers 20h 30 par des hommes armés en tenue militaire de Mr Jado Kasholo, ancien chef de centre de Kavumu dans le groupement de Bugorhe, agent de la succursale de la Coopérative d’épargne et de crédit Nyawera à Kavumu et assistant à l’ULPGL, couplé au pillage de biens des intercesseurs d’une église protestante locale, les habitants de Kavumu ont manifesté leur colère en organisant, à l’appel de la société civile locale, une journée ville-morte et une marche pacifique afin d’interpeller notamment le gouvernement provincial sur son obligation de leur assurer la sécurité. Mais, subsidiairement au relâchement par la police nationale congolaise d’un malfrat que les jeunes patrouilleurs avaient attrapé la main dans le sac de vol de chèvres et qu’ils avaient remis à la police, les populations exaspérées par cet état des choses et par l’inaction des pouvoirs publics face à cette insécurité, n’ont trouvé mieux que d’incendier, en date du 18/09/2016, le sous commissariat local de la police nationale, le tribunal de grande instance de Kavumu et le parquet près de ce tribunal (tous deux récemment réhabilités) ainsi que le bureau du chef de ce groupement. Tous les dossiers des justiciables sont partis en fumée et les détenus au cachot en ont profité pour s’évader.

 

Ces faits et nombreux autres laissent d’aucuns penser que le plan de sécurisation des habitants de la province du Sud-Kivu reste d’application superficielle. L’insécurité, les tueries et autres atteintes au droit de propriété et à l’intégrité physique perdurent dans la ville de Bukavu et ailleurs au point de faire figure de faits banals. Les autorités ne s’en préoccupant outre mesure se limitent à dénoncer comme tout le monde et à promettre des enquêtes qui n’aboutissent que rarement !

 

Au chevet de toutes ces victimes, l’asbl Héritiers de la Justice se fait l’écho de ce que les gens se demandent à voix basse : « Existe-t-il au moins un plan de sécurisation de la province du Sud-Kivu ». S’il y en a un, qu’attend-t-on pour le mettre en œuvre ? Où se trouverait alors la priorité des dirigeants congolais s’ils peuvent faire de la sécurité des personnes le cadet de leurs soucis ?

 

De toutes façons, l’Association demande au gouvernement, à la Police nationale congolaise ainsi qu’aux Cours et Tribunaux de sortir de leur inertie et de s’investir en toute urgence dans les investigations afin d’identifier et dénicher les auteurs de ces cas d’agressions répétés contre les domiciles des civils déjà portés à leur connaissance. S’agissant des cas décriés dans les avenues Buholo V et Funu 1er, certains habitants pointent du doigt un jeune dont nous taisons l’identité qui résiderait sur avenue Funu 1er chez son grand-frère et ils seraient sur le point de se rendre eux-mêmes justice à l’instar de la population de Kavumu.

 

Bukavu, 07 octobre 2016

Héritiers de la Justice

Afrique

Afrique – France 24 - L’Actualité Internationale 24h/24
Actualité, news en AFRIQUE, toutes les actualités africaines en direct, Maghreb, Sahel, AFRIQUE centrale, AFRIQUE de l'ouest,débats, reportages
Afrique – France 24 - L’Actualité Internationale 24h/24
  • Contre la disparition des primates, les scientifiques africains font front commun
    Plus de 150 primatologues africains sont réunis à Abidjan depuis lundi pour créer la première Société africaine de primatologie et mettre en commun leurs ressources afin d’endiguer la disparition des singes et des lémuriens.
  • Kenya : les autorités affichent la fermeté face à la menace des Shebab
    Depuis plusieurs semaines, les attaques des islamistes shebab se multiplient le long de la frontière entre le Kenya et la Somalie. Un comté est particulièrement touché celui de Lamu, qui a recensé 18 morts au cours des deux dernières semaines. Les autorités sont sur les nerfs. En temps normal déjà, il faut protéger ce territoire particulièrement touristique. Mais avec les élections générales qui approchent, hors de question pour le président de perdre la face dans cette région stratégique.

Nouvelles

Mort d’homme et incendie des maisons et motos à Nyamutiri dans le territoire d’Uvira 30.11.99 - Durant la journée du mardi 07 mars 2017, à partir de 14h00, l’on a enregistré 1 mort, 3 maiso...
Journée Internationale de la Femme (JIF) 2017 30.11.99 - Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50 d’ici 2030 Le...
Les étudiants de l’ISP Bukavu protestent pacifiquement contre la majoration des frais académiques décidée par le Comité de gestion Les étudiants de l’ISP Bukavu protestent pacifiquement contre la majoration des frais académiques décidée par le Comité de gestion 30.11.99 - Dans la matinée de ce vendredi 2 décembre 2016, les étudiants de l’Institut Supérieur Pédag...
La responsable de l’Hôtel Witness séquestré par les agents du parquet général de Bukavu de 05h50 à 12h30 à son domicile 06.12.16 - Ce mardi 15 novembre 2016, Madame Elysée Mudimbi Owanga, responsable de l’Hôtel Witness, a ét...
L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu 30.11.99 - L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu Des morts et des blessés par des coupeurs de route ...

Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.