L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu

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L’insécurité reste récursive au Sud-Kivu

Des morts et des blessés par des coupeurs de route dans l’axe Uvira – Fizi

Cinq personnes abattues et deux autres blessées par balles, c’est le bilan d’une embuscade tendue ce dimanche 13/11/2016 aux environs de 11h00 à la délégation du Ministre provincial de l’Intérieur, sécurité et affaires coutumières, Mr. Echiba Mboko, qui revenait de Fizi-centre au deuil de son grand frère. Le drame s’est produit dans le village Pemba dans le secteur de Tanganyika en territoire de Fizi entre Baraka et Uvira. Parmi les victimes, il a été enregistré deux policiers des noms de Polepole et de Mulimayi, commis à la garde du ministre et trois membres de sa famille, à savoir : Mr Sube Eciba, chef de division à l’Agence nationale des renseignements (ANR) et son épouse nommée Florence Bashizi ainsi que Mr. Eciba Mwenebantu, agent à la Direction générale des douanes et accises (DGDA) à Bukavu.

Au nombre des rescapés, on note le ministre lui-même, son épouse, son fils, son conseiller et son chauffeur qui étaient dans un autre véhicule. Les 3 corps sans vie et les blessés ont été, dans un premier temps, acheminés à l’Hôpital Général de Référence d’Uvira avant d’être transférés à Bukavu ce lundi 14 novembre 2016 respectivement pour les obsèques et les soins appropriés.

Certaines informations en provenance du lieu du drame annoncent que l’attaque s’est produite lorsque le convoi du ministre constitué de deux jeeps est arrivé sans être prévenu à l’endroit où des hommes armés coupeurs de route étaient en action de dépouillement de deux camions en partance pour la cité minière Misisi dans la partie sud dudit territoire. Tombés dans le filet des assaillants, les éléments de la garde du ministre auraient voulu ouvrir le feu pour effrayer les bandits.

D’autres sources concordantes déclarent par contre que le drame a eu lieu lorsque les policiers de la délégation du ministre ont voulu tirer sur les assaillants qui venaient de dépouiller le ministre Echiba Mboko de ce qu’il avait.

Après cette attaque, un conseil des ministres s’est tenu immédiatement le dimanche 13/11/2016 à Bukavu. Le gouvernement provincial condamne cette attaque et promet l’ouverture d’une enquête pour identifier, arrêter les auteurs et les déférer déférés devant la justice pour répondre de leurs actes. Les corps ont été amenés dans la ville de Bukavu ce lundi 14/11/2016.

Les territoires de Fizi et d’Uvira au sud de la province du Sud-Kivu perdurent dans leur état de bastion d’insécurité récursive entretenue par des miliciens et autres civils porteurs illégaux d’armes à feu.

Il sied de noter que dans la nuit du 9 au 10/11/2016, Mr. Sinzoni Shangula, a été enlevé à son domicile sis à Mulenge/Kihinga dans les myenss plateaux du territoire d’Uvira par des hommes armés et conduit vers une destination inconnue. Jusqu’à présent la personne n’a jamais été retrouvée.

Dans la soirée du 5/11/2016, une femme a trouvé la mort à l’Hôpital Général de Lemera après avoir été atteinte à la tête par une balle perdue tirée par des miliciens armés du seigneur de guerre Mwenyemali qui affrontaient les FARDC entre les localités de Lemera et de Mahungubwe. Les sources sur place disent que la victime était une réfugiée rwandaise en voie de rapatriement.

Le 12/11/2016, Mme Ana Muhoza, âgée de 62 ans et de la communauté Banyamulenge, a été blessée par balles à son domicile par des hommes armés non autrement identifiés qui lui ont logé des balles dans les jambes. Elle a été conduite à l’Hôpital Général de la place pour des soins appropriés.

Mr. Kahungu Mafikiri Jean Kajimake, 72 ans et éleveur de son état, a été lâchement abattu par balles par des hommes armés à son domicile situé au quartier Kyanyunda dans la cité de Sange à deux kilomètres dans la Plaine de la Ruzizi en date du 09/11/2016 vers 19h30 lorsque les malfaiteurs lui ont logé deux balles dans la tête et ont pris fuite vers une destination inconnue.

Ces 5 morts enregistrés lors l’attaque du convoi du ministre provincial et d’autres cas de terreur cités ci-haut ne sont que des illustrations de l’insécurité récurrente dans laquelle vit la population de la province du Sud-Kivu. Ce qui donne matière à réflexion. C’est que les autorités qui devraient veiller à la sécurité des civils ne sont pas elles-mêmes à l’abri des malfrats. Ce qui laisse les populations dire que les mesures de sécurisation de personnes et de leurs biens jusque-là arrêtées par les autorités restent inadéquates. Cela étant, ces cas d’insécurité inquiètent plus d’un car ils orchestrent des atteintes graves aux droits humains, troublent l’ordre public, la paix sociale et mettent tout le monde dans l’effroi.

Et comme la population est l’un des acteurs principaux dans la lutte contre l’insécurité, elle doit éviter de comploter avec les ennemis de la paix en les dénonçant auteurs auprès des instances compétences notamment les autorités administratives locales, la police et les instances judiciaires afin de prévenir et, le cas échéant, d’obtenir une assistance une fois qu’elle est victime. Les autorités et les leaders sociaux locaux doivent aussi sensibiliser la jeunesse à quitter les groupes armés et à intégrer les forces de sécurité ou la vie civile en bénéficiant d’une réinsertion et une réintégration sociale adéquate.

Les bandits armés, qui se donnent pour option la perturbation de la quiétude de la population, doivent se rappeler que l’esprit de la recherche de la paix avec tout le monde doit être de mise. Raison pour laquelle ils devront apprendre d’autres voies légales pour accéder aux ressources en prenant conscience des dispositifs contraignants à l’égard des crimes et de toute forme de déviance.

C’est pourquoi Héritiers de la Justice pense que le gouvernement provincial devrait se pencher sans complaisance sur cette question en requérant des propositions concrètes de la part des services tels que la PNC, l’ANR, les FARDC et l’Assemblée provinciale au lieu de se contenter d’un conseil de ministres après coup.

L’asbl Héritiers de la Justice souhaite voir vite matérialisée la décision du gouvernement provincial de diligenter des enquêtes pour mettre la main sur les présumés auteurs de ce carnage et que, une fois arrêtés, ceux-ci répondent sévèrement de leurs actes devant la justice.

Bukavu, le 14/11/2016

 

Héritiers de la Justice, asbl

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Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.