Journée Internationale de la Femme (JIF) 2017

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Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50 d’ici 2030

Le 08 mars de chaque année, le monde entier commémore la Journée Internationale de la Femme (JIF). Les cérémonies marquant cette journée mémorable varient selon les organisations et institutions ayant dans leurs attributions la promotion et la protection des droits de la femme. Les unes font des défilés où l’on voit des femmes accompagnées des filles toutes vêtues d’uniformes choisies par chaque institution et ponctuées par des allocutions. D’autres font des conférences-débat, d’autres organisent des fêtes, produisent des émissions radiophoniques ou télévisées, d’autres encore publient des feuillets avec comme personnage central la femme et/ou la jeune fille. Tout cela tourne autour d’un thème central qui change d’une année à une autre. Cette année-ci le thème retenu au niveau international est : « Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50 d’ici 2030 ». Et au niveau national, c’est : « 50-50 à l’horizon 2030, Investir dans le travail décent et le plein emploi pour les femmes dans un climat de paix et d’équité ».

 

Les textes juridiques édictés ces derniers temps tant au niveau national qu’au niveau international promeuvent tous la femme. Elle a droit aux mêmes opportunités que l’homme. C’est dans ce cadre que s’insère l’article 14 de la Constitution de la RDC qui dispose : « Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits. Ils prennent, dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation. … la femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions…. »

 

Pour relever ce défi, la scolarisation de la femme est incontournable. Dès le bas âge, la fille doit aller aux études au même titre que le garçon. A bas les considérations selon lesquelles la fille ne doit pas pousser assez loin les études pour qu’elle puisse se marier et commencer à procréer. Au-delà de la procréation, elle constitue une aide pour son mari et la communauté. A ce titre, elle a besoin d’un bagage intellectuel suffisant pour qu’elle fasse avec succès face aux défis de la vie. Une fois les études terminées, elle a également droit de travailler, d’exercer une fonction lucrative.

 

En matière de travail, la femme et/ou la jeune fille est appelée à travailler d’arrache-pied de manière à gravir les échelons nécessaires afin de mériter la promotion en grade au même titre que ses collègues du sexe opposé. Et si elle a un diplôme de même niveau que son collègue masculin ou si elle occupe le même poste/grade, elle a droit au même salaire. Halte aux discriminations de tous genres.

 

Egalement, dans la plupart des institutions, il existe des postes de commandement ou postes de prise de décision et des postes de subalternes. La femme et/ou la jeune fille a également le droit d’occuper ces postes de commandement parce que ses capacités ne sont pas inférieures à celles de l’homme. Ce faisant, elle est en mesure de défendre et de promouvoir les droits de la gent féminine et mettre ses connaissances au profit de l’entreprise qui l’emploie et de la communauté au sein de laquelle elle vit.

 

Mais qu’est-ce que nous observons dans la société congolaise d’aujourd’hui et d’hier ? Le changement n’est pas suffisamment perceptible. La femme est toujours déconsidérée. Dans plusieurs milieux, son rôle se limite à la procréation, aux travaux ménagers, aux travaux champêtres et si elle est embauchée, elle se contente souvent des postes de second rang, c’est-à-dire là où elle n’a rien à dire si ce n’est que de recevoir les ordres émanant de sa hiérarchie.

 

Elle est faiblement représentée dans les institutions, qu’elles soient étatiques ou privées. Même dans les domaines où les postes sont obtenues par voie élective, le nombre des femmes élues est très modique. C’est ce qui s’observe dans les assemblées tant provinciales que nationales, au niveau des postes de gouverneurs de province, etc.

 

Au niveau des familles, les maris tiennent la dragée haute à leurs épouses. Certains maris n’acceptent pas que leurs femmes travaillent par crainte de perdre leur autorité. La suppression de l’autorisation maritale n’a pas pu régler cette question, curieusement. Les hommes campent sur leur position. Les plus radicaux ne jurent que par le divorce au cas où leurs épouses tiennent mordicus à travailler pour un emploi rémunérateur.

 

Si on descend à une échelle encore plus basse, la jeune fille est toujours accablée par les travaux ménagers pendant que son frère déambule et ne revient à la maison que pour manger ce que la sœur ou la mère a préparé. En matière d’éducation, c’est le même scénario. La jeune fille étudie jusqu’à un certain niveau, juste pour la mettre à l’abri de l’analphabétisme. Dès que les parents s’aperçoivent que leur fille est déjà âgée de plus ou moins 18 ans, ils commencent à harceler celle-ci pour qu’elle puisse se marier pour peu qu’il y a des garçons qui rodent déjà autour d’elle. Voilà la mentalité villageoise. Et quand les difficultés financières entrent dans la danse, ce sont les filles qui en paient encore le lourd tribut. Elles sont obligées d’arrêter leurs études au profit de leurs frères, au motif que « les études de la jeune fille n’aident en rien sa famille biologique !»

 

De ce qui précède, il ressort que l’égalité entre l’homme et la femme est une bonne chose et un moteur du développement harmonieux d’un pays. Mais les défis à relever pour y parvenir sont encore nombreux ici en RD Congo d’ici l’année 2030. Et c’est pour cette raison que le progrès tarde à pointer à l’horizon dans ce pays. Les experts ont démontré que dans les pays où le mari et la femme travaillent tous les deux, le taux de pauvreté est réduit à sa plus petite expression, contrairement à ceux où c’est seulement l’homme qui jouit du privilège du travail décent et du plein emploi. C’est tout à fait logique !

 

L’asbl Héritiers de la Justice soutient et encourage les femmes et les hommes engagés dans la légitime et légale lutte pour les droits égaux de deux sexes à l’accès aux fonctions et privilèges qu’offrent la démocratie et l’Etat de droit en construction en RD Congo. Elle en appelle à d’autres femmes à briser la peur et l’hésitation et à s’engager ardemment dans cette voie porteuse de salut et du bien-être collectifs dans un climat de paix et d’équité.

 

C’est pourquoi, l’asbl Héritiers de la Justice exige que :

-          L’Etat congolais puisse supprimer le système de prise en charge des enseignants par les parents des élèves pour permettre à tous les enfants, sans distinction, d’étudier. Bien des pays qui n’ont pas autant de potentialités que la RDC ont réussi à rendre l’enseignement gratuit jusqu’à un certain niveau. Au Burundi, par exemple, les frais scolaires et académiques sont gratuits jusqu’à l’université pour les nationaux.

-          Une loi soit votée au niveau du Parlement dans le sens de contraindre les employeurs à engager autant de femmes que d’hommes dans leurs entreprises.

-          Dans chaque entreprise, il y ait des femmes dans les postes de décision.

-          Soient intensifiées les sensibilisations des communautés afin de bannir toutes les coutumes qui avilissent la femme en la considérant comme un objet de plaisir pour l’homme, qui ne lui reconnaissent pas le droit à la parole dans une assemblée, le droit à l’héritage, …

-          La femme ait confiance en elle-même et dans les capacités de ses congénères en cas de compétition pour un poste par voie élective.

 

C’est à ce titre que le travail décent et le plein emploi pour les femmes constitueront un bel investissement en vue de l’égalité 50-50 à l’horizon 2030. Bonne fête à toutes « les femmes et tous les hommes genrés ». Que vivent les femmes et les jeunes filles.

 

Bukavu, 08 mars 2017

Héritiers de la Justice

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Héritiers de la Justice (HJ) est une organisation spécialisée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans la Région des Grands Lacs.
Créée en 1991, Héritiers de la Justice figure parmi les toutes premières organisations des droits de la personne, nées juste après la libéralisation des activités politiques et le début du processus de démocratisation au Congo (Zaïre a l’époque) et dans la Région des Grands Lacs en général.
Héritiers de la Justice a été fondée par trois personnalités de la Région, soucieuses du niveau de répression des populations civiles sous le régime dictatorial de Mobutu ainsi que le degré d’ignorance dans laquelle croupissaient les masses paysannes, voire les populations en milieux urbains.
Apres une étude menée sur le terrain dans quelques 30 villages du Kivu, Héritiers de la Justice était convaincu que c’est a cause du fait que la population était quasi totalement ignorante de ses droits et devoirs qu’elle était victimisee.
Actuellement Héritiers de la Justice travaille avec plus de 60 organisation à la base dans les villages et villes du Kivu en particulier et dans la région des Grands Lacs en général. Ses activités sont tissées au tour de 4 domaines principaux à savoir:

  • Formation et capacitation des leaders locaux;
  • Dissémination de l'information visant à éduquer la masse sur les questions des droits de l'homme;
  • Coéxistence et acceptation mutuelle entre les communautés, la promotion de la paix à travers la facilitation d'un dialogue intercommunautaire et
  • Enseignement des droits humains et la paix dans les écoles primaires et sécondaires ainsi que le travail de lobbying et advocacy aux niveaux local, régional et international.